Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

26/05/2009

A chacun son Borinage

Bonjour,

Réveillé vers 5h30 lundi matin, j'ai regardé sur Internet le film interatif de Samuel Bollendorff et Abel Ségrétin, Voyage au bout du charbon. Ou une suite chinoise de Misère au Borinage ? Je vous le conseille, la forme interactive est elle-même intéressante.

A 10h, vision du premier film de la journée, Wind Flower Snow Moon, de Yang Jianjun (2008, 100 minutes), tourné dans un village situé au nord-ouest de la province du Sichuan. Yang Jianjun filme sa famille d'artisan bouddhiste, la naissance, la maladie, la mort parmi les siens. La structure du film est un peu molle ; s'il veut éviter le "home movie", le film passe de séquences-récits à des séquences-reportages à caractère ethnographique (à ne cependant pas comparer au travail de Jean Rouch...). Le cinéaste enregistre des images (de belles images d'ailleurs) davantage qu'il ne filme. Dérive de la vidéo. Quelques scènes (on veut du récit !) m'ont sauvé de l'ennui total. Et m'ont touché.

Il y avait déjà du monde dans la salle à 10h du matin, au Fanhall Cinema, si loin de tout. Dans la petite vidéo qui suit, filmée depuis le toit panoramique du cinéma, vous pouvez vous rendre compte de l'isolement du lieu, loin du centre historique. Une situation qui permet une certaine autonomie de programmation, qui n'est d'ailleurs dévoilée qu'en dernière minute. C'est dire la détermination du public qui vient du "village" mais aussi de la ville et bien entendu de l'étranger. Maria Barbieri, consultante pour le Festival de Venise et celui d'Udine, vient de Shanghai suivre la programmation de ce festival, réputée pour "son approche sensible et sensitive de sujets controversés". Idem pour Margherita Viviani, italienne parlant chinois et travaillant pour une université australienne...


A 13h, on a présenté le film de Richard Olivier, Esther Forever. Très belle projection, devant une salle quasi pleine. Beaucoup de jeunes dans la salle. La séance s'est spontanément terminée par de chaleureux applaudissements. L'approche de Richard Olivier, caméra sur l'épaule, la confiance et l'intimité qu'il a pu créer au fil des années de tournage, la force et la singularité du récit touchent un public international. L'ensemble est riche d'enseignements pour les jeunes cinéastes chinois.

EstherChine.JPG

Par la suite, je n'ai pas vu le film de Tsuchimoto Noriaki, The Shiranui Sea (1975, 153 minutes), en japonais sous-titré en chinois uniquement. Le film durait longtemps, et les discussions presqu'autant. Bref, le festival a pris du retard. On en a profité pour rencontrer Marc Kohen, représentant de la Délégation Wallonie-Bruxelles en Chine, qui est venu faire un tour au festival. Un homme très sympa et très ouvert. Pierre-Paul Puljiz, le producteur et réalisateur belge globe-trotter, l'accompagnait. On a papoté en buvant une bière chinoise. Le 28, Marc Kohen nous invite, Pierrot, Yang Yang et moi, à une réception chez lui. Steve et Greg Houben seront de la partie (oui, ils étaient dans le même avion que nous, et on ne les a pas vus !).

Avec presque une heure de retard, on a commencé la projection des films d'Henri Storck. Ce n'était plus la meilleure heure, du coup (les estomacs réclamaient leur dus). Yang Yang a traduit la présentation au fur et à mesure (on avait préparé la structure enensemble, en bons professionnels). En ouverture, le court film d'André Colinet, L'après-midi d'un faune, réalisé dans la maison d'Henri Storck et Virginia H. Leirens. On voit Henri s'installer à son bureau, concentré ; les rayons des bibliothèques d'archives, de livres, de cassettes, les photos et oeuvres au mur, un repas pris dans le jardin, tant d'images qui me sont familières et me rappelent à eux. Le film se clôt sur un portrait d'Henri regardant la caméra, rejoint par Virginia qui l'embrasse, l'enlace et nous regarde à son tour. Ils sourient tous les deux. Leurs yeux pétillent, de bonheur et de malice.

Misère au Borinage, Les maisons de la misère, L'histoire du soldat inconnu, Le carrefour de la vie. 1h40 de projection, dans une salle attentive.

Je vous en dirai plus demain, parce que là, je dois y aller !

Vincent

DirectuerYYPV.JPG

Zhu Rikun, Programmateur du festival, Vincent, Pierrot et Yang Yang, à l'issue de la première séance Henri Storck

 

Les commentaires sont fermés.