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05/06/2009

Enterrés

Buried

Premier documentaire de Wang Libo, né en 1973. Il revient sur le tremblement de terre du Tangshan du 27 juillet 1976, qui a fait plus de 240.000 victimes, dont 7 à 10.000 mineurs sous terre. « Buried » s’appuie sur des publications récentes, des archives et des entretiens face caméra avec des chercheurs et témoins courageux dont on a « enterré » les rapports et avertissements. Toutes leurs mesures sismiques prises scientifiquement dans le pays au cours des mois qui ont précédé le tremblement de terre, aussi précises que convergentes, annonçaient clairement la catastrophe : son amplitude sur l’échelle de Richter, sa location dans le temps et l’espace. Aucune mesure préventive n’a cependant été prise. Sauf dans un village, à l’initiative d’un habitant-chercheur, où l’on n’a déploré aucune victime : les villageois ont tenu commerce et ont vécu sous tente pendant les jours où l’on prédisait la catastrophe. La solution était donc toute simple.

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Les commerces sous tente
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Le nom des victimes sur un immense monument

Wang Libo maîtrise ses moyens. Son documentaire en noir et blanc débute par des photographies d’époque et des images des vestiges toujours visibles, soutenues par une musique de Bobby McFerrin (ou dans le genre, le générique manquait de précision à ce sujet). Suit une exploration de documents d’archives, autant de preuves écrites, filmées de manière convaincante, et commentées par leurs auteurs. Après l’exposé (le réquisitoire?) intervient un moment de rupture : des images en couleurs, soutenues par la même musique qu’en ouverture, montrent les corps des victimes du tremblement de terre de 2008 au Sichuan. Comme si l’histoire s’était répétée. Dans les conclusions en noir et blanc, un scientifique s’interroge : la protection de la population n’est-elle pas la première mesure garantissant le développement d’une nation ? Le film se clôt en couleurs par des images d’un drapeau chinois flottant au vent.

Dimanche dernier, nous sommes allés écouter les choeurs imprivisés dans le parc qui surplombe la Cité interdite, la Montagne au Charbon. J'ai repensé aux mineurs enfouis en écoutant un chant très émouvant.

A bientôt,

Vincent

06:08 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cinéma, pékin, chine, culture

04/06/2009

Gaza-Zderot

Un petit coucou à toute vapeur;

En attendant mes dernières notes (que je terminerai sans doute dans l'avion), voici une série à suivre sur le net : Gaza-Zderot. la vie malgré tout

Rendre compte de la réalité telle qu’elle est vécue par des hommes, des femmes et des enfants à Gaza (Palestine) et Sderot (Israël) : leur vie et leur survie au jour le jour. Malgré la dureté de la vie quotidienne, la menace des attaques aériennes ou des tirs de roquettes, on continue à travailler, s’aimer, rêver. La vie malgré tout.

Pour raconter la vie quotidienne de ces deux villes, de courtes chroniques vidéo (de 2 minutes chacune) seront tournées par une équipe palestinienne et une équipe israélienne. Ces chroniques suivront six personnes de Gaza et six personnes de Sderot. De cette manière, nous aurons une nouvelle chronique pour chaque personne toutes les semaines, et l'utilisateur pourra les suivre pendant 10 semaines. Les chroniques seront publiées sur le site d'ARTE France, cinq jours pas semaine. L'internaute pourra suivre leurs histoires au travers d'une interface spécifique non linéaire, accompagné des fonctionnalités de commentaires, d'envoi à un ami, d'intégration d'une vidéo à son blog, etc.

Gaza Sderot est un projet original diffusé par arte.tv, le site d'ARTE, la chaîne culturelle franco-allemande, en co-production avec une équipe Isralienne - Alma Films/Trabelsi Productions en coopération avec le College Sapir in Sderot, une équipe Palestinienne - Ramattan Studios, une maison de production de documentaire française - Bo Travail ! et l'agence de production interactive Upian.com.

Le 25 octobre 2008, "Gaza Sderot" a gagné le "Prix Europa" à Berlin.

A bientôt,

Vincent

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Marc Kohen et Yang Yang

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Yang Yang et son homme, le menu en main, au "Hot bean", un resto branché spécialisé en brochettes délicieuses. On trouve des cosmonautes bleus sur les murs, recouverts aussi de graffitis à la craie.

01/06/2009

Regards rétrospectifs

Bonjour,

Petits retours en arrière.

Pétition : la cour des plaignants (1996-2009)

Vendredi dernier, Yang Yang, Jean et moi avons eu l’occasion de rencontrer Zhao Liang, de retour du Festvial de Cannes où son film a été projeté dans le cadre des Séances spéciales. Il se sentait plus à l’aise à Pékin et dans l’ambiance du Chinadoc que dans le strass de Cannes, si loin des réalités auxquelles il porte d’habitude ses attentions. Vous pouvez visionner la bande annonce du film sur le site de l’INA qui l’a produit, en coproduction avec Arte et en collaboration avec la RTBF, TSR et Yla. Zhao a 39 ans, une épouse thaï et des enfants qui iront à l’école en Thaïlande, pour éviter l’enseignement chinois. Il a réalisé plus de 5 documentaires, fruits d’une relation sur la durée avec les gens qu’il filme, une relation qu’il poursuit lorsque le film est terminé. Ce qui est plutôt rare et impressionnant pour être souligné. C’est un vrai révolté, qui passe du rire à la déprime dans un mouvement de montagne russe. « Ce film, je l’ai fait pour les Chinois. Filmer, c’est ma manière de penser, de parler. J’ai besoin de parler. Pouvoir s’exprimer est plus important que l’art ». Zhao préfère la version de 5 heures son film, « qui présente plus de détails importants pour mes compatriotes. Ce qui importe, c'est aussi qu'on puisse en discuter avec le public, d'où l'importance des festivals comme celui-ci ». Peut-être ce besoin de parler sans muselière et la liberté prise de le faire ces dernières années conditionnent-ils la longueur souvent excessive des films du réel chinois. Nous n’avons pas pu payer l’addition du restaurant de spécialités du Sichuan où le service est assuré par des jeunes filles sourdes. Zhao nous a invité en grand seigneur, nous qui avions mangé comme des rois.

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Classmates

Un film qui nous plonge dans la vie quotidienne d'une génération de Chinois, âgés aujourd'hui de 50 ans, nourris des espoirs de la révolution culturelle. Par un réalisateur qui a une tête improbable, barbe en collier et grandes lunettes rondes. Le film a suscité des échanges nourris entre les membres du jury.

Buried

Premier documentaire de Wang Libo, né en 1973, actif jusqu'ici dans le monde du rock, de la performance et de la vidéo. Wang Libo maîtrise ses moyens filmiques. La suite demain...

Vincent

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Un sourire exagéré d'un brave chinois. Une oeuvre du célèbre Yuemin Jun, accueillant les visiteurs au Li Xianting's Film Fund. M. Li Xianting a beaucoup soutenu l'art contemporain avant de soutenir les cinéastes indépendants, désabusé par le désengagement et le côté "nouveau riche" de certaines stars chinoises du marché de l'art.

ZE palmarès

Bonjour,

Le palmarès a été dévoilé samedi soir devant une salle archi-comble et une kyrielle de caméramen qui enregistre tout ce qui se passe au cours du festival. Le jury délibérait en chinois, avec recours aux traducteurs lorsque les débats s'intensifiaient. Composé de 3 membres, le jury a récompensé 3 films : c'était convenu. Le plus difficile a été pour eux de déterminer qui allait remporter le premier prix, le second et le troisième. Il s'agit de prix d'encouragement, dont le premier est doté de 5000 yuans (disons 500 euros). Voici le palmarès et les commentaires du jury, en mandarin (pour ceux qui le lisent ; pour les autres, c'est tellement beau graphiquement) et en anglais.

1er PRIX : "PETITION"

《上访》
我们祝贺赵亮的《上访》:这是一部令人感动、引发人思考并激发人行动的勇敢的电影。它对拍摄对象的细节——这些上访人遭受破坏的生活——进行了探索性和充满同情的记录,并将此与更广阔的政治背景联系起来。这样的处理清楚地让观众意识到该片所拍摄的情况的紧要性。

Petition
We congratulate Zhao Liang’s Petition: a moving, provocative, and brave film. It provides a searching and compassionate record of the details of its subjects, these petitioners’ devastated lives, and links that to a broader political context that makes the urgency of their situation clear.

2e PRIX : "CLASSMATES"


『同学』
面白かった。涙がでた。人間の生きる本質を描いた「ヒューマンドキュメンタリー」映画だ。ヨーロッパの劇映画で見た事があるが、「同学」のドキュメンタリ−の説得力には負ける。
登場人物それぞれの生き様に、プライドを感じた。ドウドウとカメラの前に立っている、感動した。路上掃除の朋の映像を見て、作者の結句はこの人物だと、と感じた。作者はこの最後のシーンまで我慢していたのだろう、叫びたかった朋への感情を。朋への愛情、生きる無常感、中国の大地の上に共に生きてきたことへの喜び、それがラストの路上掃除婦のシーンで爆発した。
作者の年代は50代くらいか、ちょうど大人の頂点ぐらいの年代、人生と云う登山道はそれぞれ違ってもここまでたどり着いた感激と、これからの人生の下山の路の険しさを眺めているのだろう。

《同学》
非常有意思的电影。催人泪下。这是一部描写生存本质的电影。虽然在欧洲的电影中也有类似的题材,但却不能超越《同学》这部纪录片的说服力。

在每一个登场人物身上,我们感受到了尊严。他们如此坦然地面对镜头,令人感动。在清洁工的影像里,我们感受到了作者在影片中所要说的全部。感受到了作者一直在努力压抑着的,想要大声叫喊出来的对朋友的感情。爱和生命的无常,在中国这片土地上共生的喜悦,这些,都在最后的那个清洁工的镜头里迸发出来。

这部作品抒发了接近50岁,正值人生之黄金阶段的作者,在抵达人生这条山路的顶峰时与同龄人相遇的感慨,以及面对危机四伏的人生的下坡路时的感受。

Classmates
A very interesting film, sure to elicit tears. This film depicts the nature of life. While similar subjects can be found in European cinema, those films cannot surpass the convincing power of Classmates.

We feel the dignity of every character. Their open and honest attitude in front of the camera is very touching. We understand all that the director wants to express in the film from the images of the janitor. We feel the affection for friends, which the director represses with great effort, though all the while he wants to yell it out loud. The unpredictability of love and life, the happiness of living together on this land of China, these all burst forth in the last shot of the janitor.

As the director approaches 50 and reaches the golden years of his life, this work expresses his emotions upon meeting friends of the same age at the apex of the mountain road of life, and his feelings in the face of crisis as he begins his descent down the other side.

 

3e PRIX : "BURIED"

《掩埋》  授奖辞
中国人众最巨的创痛,其实来得十分简单:统治重于民生。《掩埋》准确、有力、具体的击中了中国要害。相信这样的影像,终会改造社会。

Buried
The Chinese people’s most painful wound has its origin in something very simple: political rule is valued over people’s lives. Buried goes straight for China’s jugular by precisely, powerfully and concretely taking aim at this problem. I believe that films like this will eventually change society.

Ce dernier film est vraiment très bien ! Dans 12 heures, je rédiger mes dernières notes : elles seront longues et illustrées !

A bientôt,

Vincent